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La culture un enjeu politique ou un jeu politique .. Budget de la culture 2009-2010-2011 !!!

vendredi 10 octobre 2008, par AgC | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : vendredi 16 décembre 2011 à 23:35

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- / - cet article ..


La culture un enjeu politique ou un jeu politique ..
Budget de la culture 2009-2010-2011 !!!

Sommaire :

- La culture un enjeu politique ou un jeu politique .. ( Editorial )

- Après nous avoir dit qu’il y avait trop de compagnies ou d’intermittents, on nous dit qu’il y a trop de théâtres .. ( Une interview de Jean Voirin par La Lettre du Spectacle )

- La comédie française dans les quartiers populaires de Bobigny, quelle bonne idée ! Mais (...) ( Communiqué de Francis Parny, Vice Président du Conseil Régional d’Ile de France )

- Le Budget de la Culture pour 2009 : la récession programmée .. ( Anne Hidalgo, Secrétaire nationale à la Culture et aux Médias du PS )

- Budget 2009 du Ministère de la culture et de la communication et loi de programmation pluriannuelle 2009-2011 : la récession programmée ( Une note d’analyse du Budget 2009 par le Secrétariat national de la Culture et de la Communication - octobre 2008 )


Le coup d’envoi est lancé par un grand jeu national, cette semaine :
Le loto change de formule, .. c’est la crise (!) ... La société du loto augmente ses prélèvements, 2 € au lieu 1,20 € la grille, .. c’est une affaire (!) pour qui (?..) ... Bon c’est le loto du pauvre,
.. alors « pour devenir plus riche que riche », il faut d’abord être riche, n’avoir aucune morale, et jouer sur la tête des autres.

Donc la solution .. toujours brader plus de services publics ( on tient le cap des réformes .. La poste, la maternité à 150 Km, .. ), et tous ce qui pourraient faire obstacle à l’appât du gain ( subventions appelées déloyales [ OMC, La Commission européenne .. encore un modèle de démocratie, sic ... ], sauf bien sûr quand il s’agit de pomper l’argent du contribuable par trois petit tour de passe-passe, et puis s’en vont !.. ), et comme à la bourse .. après le jeu .. il y a la facture, .. et le citoyen moyen n’a plus que ses yeux pour pleurer, pendant que depuis belle lurette le boursicoteur averti est parti engranger son loto [1] dans un paradis fiscal.

Et le paradis, me direz-vous !?.
Pendant qu’on y pense, .. halluciné par la transcendance du bourrage de crâne des Ayatollahs, des Papes, .. qui devraient être traduit en justice pour non-assistance à personnes en danger au lieu d’être canonisé ( dixit par exemple la capote interdite avec comme résultat des millions de gens atteints du sida, dixit la terre est plate sous peine de mort au moyen-âge, ou encore de l’inquisition au bûché, ou encore les effrénés de l’implantation en Palestine, ... ... ), .. les gens ma pauvre dame « ils ne pensent pas » avec toute cette opium là, .. il apparaît même que cela les rend euphorique.
« eurêka .., ce dit il, le bas-peuple peut voir la vie en rose .. voila la solution ! »
Mais que fait le professeur Go, le chevalier et pourfendeur de la fumée et des ceintures !..

Pendant que les « Goupillons » essayent de remplir nos têtes, le « Sabre » du Sarkoland fait son beurre, ...
Il continue à argumenter qu’il faut couper les vivres des services publics, .. il nous promet des lendemains chantants mais ne fait que promettre seulement .. car ce monsieur qui remue beaucoup, remue beaucoup de vent .. et participe pleinement à la crise.
Voila encore un aperçu de la droite décomplexée !

Dernièrement .. « il dit vouloir moraliser le capitalisme financier » .. tiens comme une certaine présidente du medef Medef (CAC 40)
MEDEF
Medef (CAC 40)
MEDEF ( Mouvement des Entreprises de France ), représentant essentiellement les entreprises du CAC 40 (!) :

- 55 Avenue Bosquet - 75007 - Paris

- Téléphone : 01-53-59-19-19
( celle qui n’était pas au courant des caisses noires ) !
Mais tous le monde sait bien, .. même les pauvres le savent quand ils ont la chance d’avoir trois sous .., que l’argent et la morale s’entendent comme deux larrons en foire après une soirée trop arrosée un jour de mal de crâne !..

Au milieu de tout ce fatras la petite sirène, « pauvre petite fille riche », « bien craintive » et d’une petite voix effrayée par quelques cris de désespoirs contre le RSA et autres minima sociaux minima sociaux Minima sociaux :

- Documents
 [2], et du haut de son « Cap Carnaveral », et dont certains « peoples » et médias voudraient nous faire penser anticonstitutionnellement qu’elle est la « première dame » ( dès fois que l’on n’aurait pas compris qu’on ré-instaurait un pouvoir monarchique avec cette cinquième république corrompue entre autre, par l’élection du Parlement après celle de la Présidence .. ), ne sait pas que la cigale par force et labeur a déjà manger depuis longtemps tout son sou.
Allez .. encore un petit peu de miel, achetez mon disque .. il faut que je dépense quelques milliers d’euros pour la « Kelton en or » que je dois offrir à mon mari pour faire « bing-bling » ...

Sale temps, pour un été pluvieux qui dure, dure .. depuis un an et demi :
Les dernières nouvelles : .. on se couche devant Poutine un monarque-dictateur qui a appris son métier au KGB, .. on se couche lamentablement après avoir brassé du vent devant un pourvoir autocratique et dictatorial chinois .. oui mais capitaliste et même ultra-libéral, alors tapis rouge .., .. on ne reçoit pas le Dalaï Lama sous l’ingérence honteuse de l’ambassade chinoise opprimant le peuple tibétain, toujours et surtout pour de gros sous, .. on reçoit un Pape comme un chef d’état .. alors qu’il n’existe pas d’état du Vatican reconnu à l’ONU, et on vient insister sur une morale « de la joue tendue et pardonnée », complément de l’école républicaine, .. on joue encore au Hortefeu comme on a joué avec la « racaille » en banlieue.
Pour continuer et pour faire passer la pilule on nous annonce une « laïcité positive » au pays du Sarkoland ?!.
Que du bonheur halluciné .. alors qu’on y est « Sarko jusqu’au coup » avec ces « Saisons I et II » [3] que joue l’UMP et tous ses « collabos » ...

Alors avec la culture, où en est on ?!.
« La culture est en solde mon bon monsieur .. », peut être est elle remplacée et confondue à la culture du choux chinois ou à l’industrie des séries bien capitalistes et hégémoniques d’Hollywood.
Déjà, depuis un certain 26 juin 2003 où le Medef Medef (CAC 40)
MEDEF
Medef (CAC 40)
MEDEF ( Mouvement des Entreprises de France ), représentant essentiellement les entreprises du CAC 40 (!) :

- 55 Avenue Bosquet - 75007 - Paris

- Téléphone : 01-53-59-19-19
, la Cfdt Cfdt Cfdt ( Confédération française démocratique du travail ) sic !.. :

— > Rubrique par thèmes ( par mots clés .. ) : Cfdt
, la cftc et la cgc signaient un protocole d’accord honteux et confirmé par les même en 2006, la destruction systématique avait commencé.
30 à 35 000 créateurs, artisans de la culture sont dans les limbes du RMI ou sont maintenant dans d’autres secteurs et bientôt pour les suivants au RSA.
Mais au pays du Sarkoland ce n’est que le début .. l’hécatombe va continuer : baisse des subventions de l’état, « Berlusconisation » [4] du service public de la télévision dont pour son élection ce monsieur a dû prendre exemple, et baisse du financement en supprimant la publicité sans en apporter les moyens nécessaire à une mission de service public ( l’éveil, la culture, l’information objective, ... ) ...
Mais ce n’est pas fini ...

Une imposture !
On nous prépare, presque en catimini, en tous cas nos médias non pas relevé le gant, pour le moment ...
Ces messieurs veulent nous cuisiner un budget de la culture aux petits oignons dans la loi des finances 2009.
Avec cette loi il est proposé de voter un budget de la culture sur 3 ans ( 2009 - 2010 - 2011 ), dont non seulement le budget précédent a baissé en 2008 entre moins 6 et moins 15% en comprenant l’inflation, qui s’ajoute aux dégraissages forcés par le medef Medef (CAC 40)
MEDEF
Medef (CAC 40)
MEDEF ( Mouvement des Entreprises de France ), représentant essentiellement les entreprises du CAC 40 (!) :

- 55 Avenue Bosquet - 75007 - Paris

- Téléphone : 01-53-59-19-19
et la Cfdt Cfdt Cfdt ( Confédération française démocratique du travail ) sic !.. :

— > Rubrique par thèmes ( par mots clés .. ) : Cfdt
depuis 2003, mais en plus on nous propose un budget en hausse de 0,7% par an, ne sachant pas d’ailleurs qu’elle sera l’inflation en 2009 et encore moins en 2010 et 2011.
Sur ce point on peut faire confiance à nos éminents économistes ( sic ! ), d’ailleurs Lagarde nous prévoyait une croissance de 2 à 2,5%  [5] en 2008.
Aujourd’hui, les calculs de l’Inse sur deux trimestres de baisse montre une régression de moins 0,6% pour chacun, .. donc en « récession ».

« Vol au-dessus d’un nid de coucous » :

« Appelons un chat un chat, .. car ce n’est parce que l’autruche se cache les yeux qu’elle évitera le danger, et ce n’est pas non plus avec la voix divine de la » laïcité positive « que la crise passera comme un certain nuage autour de nos frontière, d’ailleurs on dit de cette voix » que ses chemins sont impénétrables .. " !

La crise ne s’arrangera pas en renflouant un système ultra-libérale à l’agonie de ses perversions !..
C’est bien la faillite d’un système ultra-libérale que ces messieurs et dames veulent graver dans le marbre à travers une constitution pour l’Europe, oh pardon .., un traité qui à la même saveur, la même odeur nauséabonde et anti-démocratique ...

Ha ! La crise ..
Argument suprême que l’on va nous resservir bien froid ...

Non.
Il faut investir à long terme, soit :
- dans les services publics au service du public, au lieu de les lapider aux petits copains aux dents plus que longues et à la courte vue, ..
- Arrêtons de distribuer des milliards aux entreprises sur le dos de la sécurité sociale, et des caisses de retraite .. Remplacé bien sûr par des assurances privées ( la bonne affaire pour la bourse ! ) que peu de monde peut se payer, et qui de plus est à hauts risques.
- en investissant dans l’école républicaine où l’on apprend à réfléchir, à critiquer .., pas en supprimant des postes, .. pas en faisant apprendre aux élèves qu’en tendant sa joue droite la gauche sera pardonnée !. ,
- en investissant dans la culture des aliments locaux en Afrique, en Inde, en Asie, en Amérique du Sud et partout dans le monde pour une auto-suffisance alimentaire .., pas en prenant des brevets sur le vivant, et en étranglant ces pays dans une dette qu’ils ont déjà payé 10 fois [6] , ..
- en investissant dans un service de l’audiovisuel intelligent arrêtant de nous prendre pour des gens bourrés aux OGM OGM OGM (Organisme Génétiquement Modifié) et en nous assaisonnant aux nanars bourrés de bondieuseries, de guerres et de gangs dont le maître mot est la sécurité ( .. très bons exemples pour l’éducation de nos banlieues !.. ) .., et autres débilités à la sauce hollywood avec « applaus » dès fois que nous n’aurions pas compris .., ou avec des scénarios tellement compliqués ( genre multi-parallèle et sans véritable trame de fond .. ) qu’effectivement une petite dose de cacao ne peut que nous divertir, .. ou des séries aussi prude qu’une vierge enturbannée que la pression communautaire oblige à porter et véhiculant une idéologie plus que douteuse et fumeuse, ..
- en investissant dans une culture qui recherche, expérimente, et critique objectivement ou pas notre société ...
- ...

Cela suffit !
Ne nous laissons pas avoir !..
Partout et ensemble il faut lutter, et être solidaire ...
Il faut faire échec à cette hégémonie programmée.


AgC

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Jean Voirin : Secrétaire Général de la Fédération Cgt du Spectacle

Jean Voirin, secrétaire général de la CGT La Cgt La Cgt ( Confédération générale du travail ) :

- Confédération Générale du Travail ( CGT ) sur ce site.
-Spectacle
,
a déclaré à la Lettre du Spectacle

Après analyse du budget 2009, la CGT La Cgt La Cgt ( Confédération générale du travail ) :

- Confédération Générale du Travail ( CGT ) sur ce site.
, à l’instar d’autres syndicats de salariés, se dirigeait vers un maintien du gel de sa participation aux Entretiens de Valois.

« C’est un budget habile en affichage avec +2,6%, mais il y a au moins 2% d’inflation et un gel budgétaire programmé.
On met en opposition les grandes institutions avec ceux qualifiés de plus petits. Après nous avoir dit qu’il y avait trop de compagnies ou d’intermittents, on nous dit qu’il y a trop de théâtres. L’épisode démonstratif, c’est l’affaire de la MC 93 de Bobigny avec la Comédie -Française.
Sous couvert de démocratisation, on cherche à économiser une subvention. Et puis les projections 2010 et 2011 seront inscrites dans la loi : +0,6% et +0,6%, en tablant sur une inflation qui est une pure fiction, mais mais c’est ce qu’ils appellent le « volume zéro ». En fait, ils ont programmé la baisse des crédits à la culture. Comme les collectivités territoriales sont amenées à prendre en charge plus de dépenses dans le domaine social, la culture risque de payer l’addition. Il ne faudrait pas que les Entretiens de valois soit un écran de fumée pour la Révision générale des politiques publiques. »

Source : La Lettre du Spectacle n° 215 du 10/10/2008

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La Comédie Française en plus,
la MC de Bobigny en moins ?

Communiqué du 03 septembre 2008

La comédie française dans les quartiers populaires de Bobigny, quelle bonne idée ! Mais comme toujours avec Nicolas Sarkozy il faut chercher ce que cachent les plus belles annonces. Visiblement, il ne s’agit pas d’accroître l’offre de spectacles de qualité mais de réduire « la voilure », restructurer, rationaliser l’action culturelle.

Le budget 2009 ne prévoit pas de dépenses nouvelles ; on raisonne donc en termes d’économie. Et comme pour les entretiens de Valois, la concertation avec la profession est inexistante ou « convenue » alors que toutes les décisions sont prises auparavant en fonction des impératifs financiers. Et du coup on fait fort ! La venue du « Français » à Bobigny va de pair avec son départ du Vieux Colombier et du Studio Théâtre du Louvre. Il restera deux salles – « Richelieu » et Bobigny - au lieu de trois aujourd’hui.

Quel avenir pour le théâtre du « Cartel » ? Ce serait un comble que le théâtre de Jacques Copeau laisse sa place au privé alors que les besoins de diffusion sur Paris sont immenses. Et que devient la scène nationale, prestigieuse de Bobigny ? Ce centre culturel a révélé de nombreux talents mondiaux tout en alliant ces promotions à un travail patient et régulier avec la population de la Seine Saint Denis, en particulier de ses lycéens.

La venue de la Comédie Française permettra-t-elle le maintien et la poursuite de cette originalité ? Et s’agit-il seulement de diffuser les grandes oeuvres du patrimoine ou dans le même temps de poursuivre le travail de création indispensable au respect dû à tout lieu d’art et de culture ?

La continuité de la politique gouvernementale est évidente. Après la réduction du nombre de comédiens, d’artistes et de techniciens du spectacle, il s’agit maintenant de réduire le nombre de théâtres.

On se souvient des propos sur la concentration trop forte de Centres Dramatiques en banlieue et on attend toujours le feu vert gouvernemental à la construction du nouveau CDN d’Ivry. La qualité du travail développée sous l’autorité de Murielle Mayette nécessite un soutien et un développement qu’on ne peut opposer au soutien tout aussi nécessaire, à l’ensemble de la profession.

Francis Parny
Membre de la direction du PCF
Vice Président du Conseil Régional d’Ile de France

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Le Budget de la Culture pour 2009 : la récession programmée
Le 6 octobre 2008

Anne HIDALGO,
Secrétaire nationale à la Culture et aux Médias

Une fois de plus, le pouvoir présente le budget de la culture en trompe l’œil. L’annonce officielle est une hausse de 2,6 %. Mais la hausse réelle des crédits inscrits au budget de l’Etat est seulement de 1,1 %, alors que l’inflation est prévue à 2 % et risque d’être supérieure. De plus, déduction faite des dépenses de personnel (salaires des fonctionnaires), cette hausse n’est plus que de 0,2 % ! Enfin, ce budget est à nouveau frappé d’un gel. En vérité, les artistes, les institutions et les acteurs de la vie culturelle vont à nouveau connaître un budget de récession.

La hausse optique est obtenue par des ressources extrabudgétaires, par définition non pérennes, de 35 M euros, issues de recettes de cession d’immeubles de l’Etat. En particulier, 15 M euros sont ainsi donnés au spectacle vivant, mais les crédits budgétaires qui lui sont alloués connaissent 0 % d’augmentation ! Cet expédient fragilise le financement du spectacle vivant et ne règle en aucune façon ses difficultés structurelles.

L’analyse du budget pour 2009 ne justifie aucunement l’exercice d’autosatisfaction auquel le gouvernement s’est livré. Les crédits consacrés à l’éducation artistique et à la démocratisation de la culture ne sont pas « consolidés », mais strictement maintenus au niveau catastrophique qui est le leur, après des années de baisse astronomique. Les autorisations d’engagement pour les monuments historiques et l’archéologie baissent de 70 M euros, soit -20 %, et ceux des musées de 55 M, soit -14%. De même, la réalisation de grands travaux à Paris ou en Ile de France est certes légitime (Philharmonie, quadrilatère Richelieu, Palais de Tokyo, centre des archives nationales à Pierrefitte -sur-Seine), mais va se traduire, dans un budget en stagnation, par une réduction de la part des crédits d’investissements consacrés aux régions, contrairement aux allégations ministérielles.

Plus gravement encore, le projet de loi de programmation des finances publiques pour 2009-2011 annonce la couleur, c’est-à-dire l’abandon de toute politique dynamique pour la culture. Durant les 3 prochaines années, le budget de la culture ne progressera que de 0,7% par an (hors gel) : 2,78 Mds euros en 2009, 2,8 Mds en 2010, et 2,82 Mds en 2011. Surtout, un choix politique est fait, celui de sacrifier le budget du « Programme Création » (c’est à dire les crédits du spectacle vivant, des arts plastiques et de la création littéraire), mais le pouvoir ne le dit pas : mensonge par omission. En effet, sur cette période, ces crédits sont appelés à baisser de 16 M en 2010, et de 22 M en 2011, soit -3 % ! C’est extrêmement grave. C’est, clairement, une immense menace qui pèse sur toutes les activités de création et de diffusion dans notre pays.

Publié dans : Communiqués Culture

Ci-dessous : Une note d’analyse du Budget 2009 par le Secrétariat national de la Culture et de la Communication - octobre 2008

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Budget 2009 du Ministère de la culture et de la communication
et loi de programmation pluriannuelle 2009-2011 :
la récession programmée

- I – BUGET GLOBAL DE LA CULTURE POUR 2009

1) A nouveau, une présentation en trompe l’oeil.

Le ministère annonce une augmentation de +2,6% en 2009 : de 2,750 Milliards euros en 2008 à 2,821 Milliards euros en 2009.

A dire vrai, lorsque l’on regarde les documents budgétaires, il s’agit stricto sensu de +2,4 %: augmentation de la Mission Culture au sens de la LOLF, avec les dépenses de personnel, et y compris les ressources extrabudgétaires. Et si l’on inclue le programme « Recherche culturelle et scientifique » (qui n’est pas dans la Mission Culture et totalise 150 M euros), l’augmentation n’est plus que de +2,3%. Passons ...

Cette augmentation est celle des CP ( crédits de paiement, cf infra ). En AE (autorisations d’engagement, cf infra) l’augmentation n’est plus que de +0,3%, c’est à dire quasi nulle.

Cette augmentation en CP inclue 35 M euros de ressources extrabudgétaires. Hors celles-ci, la dite augmentation, avec les dépenses de personnel, n’est plus que de +1,%. Hors ressources budgétaires et hors dépenses de personnel, elle tombe à +0,2% ! Et en AE, et hors ressources budgétaires, il n’y a plus d’augmentation, mais une baisse de -1,2% ( et même -2,4%, si l’on déduit les dépenses de personnel ) ..

NB :
1) les dépenses de personnel, qui concernent les fonctionnaires du ministère et des établissements publics administratifs, sont incontournables ( point de la fonction publique, GVT, mesures catégorielles ), et sont de plus grevées de l’augmentation des charges pour pensions. Elles progressent de +4,7% en 2009. Avec un montant de 600 M euros, elles représentent un peu plus de 20% du budget du ministère ( c’est peu par rapport à d’autres ministères, tels que l’Education ).
2) Les CP ( crédits de paiement ) concernent les dépenses effectivement payées dans l’année. Les AE ( autorisations d’engagement ) mesurent les capacités de dépenses du ministère. Les chiffres cités dans ce document sont en CP, sauf indication contraire.

2) Petite parenthèse pro domo

Le communiqué de presse publié par le ministère fait incidemment, dans son premier paragraphe, un rappel « pour mémoire ». Citation intégrale : « Pour mémoire, le budget 2008 avait progressé de 0,5% à périmètre constant 2007 ». Tiens, tiens .. lors de la présentation du budget 2008, l’annonce officielle était pourtant de +3,2%. Le PS, pour sa part, avait dit, après analyse du budget, que cette hausse n’était que de ... +0,5%.
Conclusion : ex post, le ministère reconnaît avoir menti, tandis que le PS disait la vérité. Faute avouée ne sera pourtant pas à demie pardonnée, puisque l’on recommence de plus belle l’année suivante.

3) Les ressources extrabudgétaires.

Cette augmentation affichée de +2,6% inclue +35 M euros ( AE et CP ) de ressources extrabudgétaires. De quoi s’agit-il ? Il s’agit de ressources issues de cessions d’immeubles de l’Etat ( à partir du compte d’affectation spéciale « gestion du patrimoine immobilier de l’Etat » ). Ce sont certes de vraies ressources, en espèces sonnantes et trébuchantes, mais qui, issues de recettes de vente de patrimoine immobilier, relèvent par définition du fusil à un coup. Elles ne constituent pas des recettes pérennes, sauf à continuer chaque année à vendre les bijoux de famille, et à en affecter une partie du produit au ministère de la culture. Elles sont aussi dès lors plus adaptées au financement des dépenses d’investissement que de fonctionnement ou d’intervention.

Deux observations complémentaires. En premier lieu, les ressources issues de cessions d’immeubles ne seront pas en 2009 de 35 M euros, mais de 55 M euros. En effet, 20 M supplémentaires découlent de la cession d’immeubles du ministère, et affectés à la rénovation des écoles d’architectures : autre fusil à un coup.
En second lieu, le ministère fait miroiter d’autres ressources extrabudgétaires à partir de 2010, dites « à vocation pérenne » cette fois. Elles seraient de l’ordre de 50 à 100 M euros, et pourraient être tirées des paris en ligne. Elles ne concerneraient que le patrimoine, en particulier les MH ( monuments historiques ) pour lesquels il manque en effet 100 M euros par an pour les restaurer.

4) L’inflation

L’inflation est prévue en 2009 à +2%. Cette présentation à +2,6% de la Mission Culture permet donc d’afficher un budget culture en légère hausse par rapport à l’inflation, alors que la règle générale pour le budget de l’Etat est le gel des dépenses en euros constants ( « zéro volume » ), et ce non pas seulement pour 2009, mais aussi pour les 3 ans à venir ( 2009, 2010, 2011 ).

Hors ressources extrabudgétaires, la progression du budget du ministère ( +1% ) est nettement inférieure à l’inflation.

Rappelons surtout qu’en 2008, l’inflation a été prévue à 1,6%, mais qu’elle sera évidemment supérieure, probablement 3%.

5) Le personnel

Ce n’est dit nulle part, ni dans le discours de la Ministre, ni dans le dossier de presse, mais le ministère est frappé d’une baisse de 103 emplois en 2009. C’est le chiffre officiel, il se peut d’ailleurs que la réalité soit pire. De plus, ce chiffre est net, car des emplois seront crées en 2009 pour le futur Centre des archives de Pierrefitte, ainsi que pour l’Hadopi ( la future autorité indépendante prévue par le projet de loi » création et internet » pour lutter contre le piratage : 7 emplois prévus à ce titre en 2009 ). Dès lors la suppression d’emplois qui touchera les autres services du ministère sera effectivement supérieure à 103.

6) Le gel.

Le problème va continuer à se poser en 2009 : 5% des crédits mis en réserve. Le Ministère explique qu’ « il va se battre pour le dégel des crédits ». Certes .. . Mais la crise financière et le ralentissement économique risquent de réduire les recettes fiscales en 2009, rendant « le dégel » d’autant plus difficile ..

7) Le rapport Paris-Régions

Le ministère prétend « avoir rééquilibré son action en faveur des territoires » dans le budget 2009, en donnant plus d’argent aux DRAC. La part des crédits déconcentrés sera en augmentation, nous dit-on, - la situation est tellement difficile qu’on lâche un peu de lest - mais une fois de plus, on prend à Pierre pour donner à Paul, en raison de la stagnation globale du budget. Cette fois, ce sont les crédits de fonctionnement des grands établissements publics nationaux qui sont touchés : au lieu de procéder par addition et cumul des énergies, on procède par empiétement, en opposant les uns aux autres.

Force est aussi de constater que la part des investissements en région pour l’ensemble du ministère va baisser en 2009, passant de 43% à 41%. Celui-ci l’explique par la montée en puissance du projet de Centre des archives de Pierrefitte-Sur-Seine ; certes cela est vrai, et l’opération est en soi justifiée. Le fait est cependant que ce déséquilibre récurrent risque de s’accentuer dans les années à venir, en raison de la montée en charge d’autres grandes opérations parisiennes ( Philharmonie de Paris, poursuite de l’aménagement de Versailles, Palais de Tokyo, rénovation du quadrilatère Richelieu ), que ne compensera pas la réalisation du MUCEM à Marseille, lui-même du reste sauvé par « la capitale européenne de la culture ». Près de 400 M euros devront être consacrés après 2009 à ces grandes opérations ( sans parler du Grand Palais ), dans un budget qui n’augmentera pratiquement pas ( cf infra, loi de programmation pluriannuelle 2009-2011 ), et obligera à des redéploiements.

Rappel - Selon la LOLF :

- La « Mission Culture » rassemble les crédits du ministère de la culture et de la communication, hors budget de l’audiovisuel, du CNC, et des crédits Recherche dans le domaine culturel.

- Cette « Mission » est regroupée en 3 Programmes : « patrimoine », « création », « transmission des savoirs et démocratisation de la culture ».

- Le patrimoine rassemble les Monuments Historiques et l’archéologie, les musées, la lecture publique, les archives ... . La création rassemble le spectacle vivant, les arts plastiques, la littérature. La transmission des savoirs et la démocratisation de la culture rassemble les enseignements spécialisés, l’éducation artistique à l’école, les actions en direction des publics .. et aussi les fonctions communes du ministère ( personnel, immobilier, etc ... )

- II - LE PROGRAMME PATRIMOINE

Globalement, le programme patrimoine passe de 1 128 M euros en 2008 à 1 129 M euros en 2009 : soit à peu de choses près +0%. Il n’en va pas de même en AE, où il perd 200 M !

1) Patrimoine monumental et archéologique

Le Parti socialiste dénonce depuis plusieurs années la situation catastrophique dans laquelle est plongé ce secteur, non seulement parce que les besoins croissent, mais aussi en raison de la politique nocive de la droite. En 2008, les crédits délégués aux DRAC ont baissé de 20% à 40% selon les régions, et globalement, les crédits ont chuté (fonds de concours inclus) de 20% par rapport à 2007 : de 380 M à 303 M euros. Pire encore, selon l’aveu même des services du ministère, l’endettement des DRAC Drac DRAC ( Direction Régionale des Affaires Culturelles :

- Ministère de la Communication et de la culture -
Sites associés ..
est de 600 M euros, soit 2 ans de crédits !

En 2009, les crédits ( hors fonds de concours ) consacrés à la conservation, à l’entretien, et à la restauration des monuments historiques seront de 283 M euros, soit -4 M euros par rapport à 2008. Encore faut-il ajouter que, sur cette somme, 40 M sont consacrés aux grands projets ( Versailles, Grand Palais, Cité de l’Architecture et du Patrimoine, Quadrilatère Richelieu ).

Tous les rapports faits sur le sujet concordent : il manque annuellement environ 100 M euros pour faire face aux besoins. Alors, pour donner le change, on prétend faire un effort en affectant 20 M de ressources extrabudgétaires au patrimoine monumental. Alors aussi, on fait miroiter, pour après 2009, d’autres ressources extrabudgétaires, pérennes cette fois ( cf supra, ressources issues des paris en ligne ) ...

La distorsion considérable entre les AE et les CP pour les opérations de restauration des MH, comme aussi sans doute la nécessité de provisionner en AE la Philharmonie de Paris ( cf infra ), conduisent à une baisse des AE de 90 M euros en 2009. Les capacités d’engagement sont ainsi considérablement diminuées.

En outre, le ministère affirme donner en 2009 la priorité aux MH n’appartenant pas à l’Etat ( MHNE ). Qu’en est-il en fait ? Les dotations de ceux-ci augmentent de 17 M en CP, mais baissent de 60 M en AE. Leurs crédits d’entretien diminuent aussi, passant de 13,3 M en 2008, à 12,7 M euros en 2009. Enfin, ajoutons que le pouvoir a, un temps, menacé de plafonner les avantages fiscaux des propriétaires privés, qui sont pourtant pleinement justifiés, avant d’y renoncer devant la fronde qui grondait ...

Quant à l’archéologie, ces moyens sont strictement reconduits, alors que le contexte est difficile, et, cerise sur le gâteau, le pouvoir a décidé, sans prévenir les personnels, de délocaliser l’INRAP ( Institut National de Recherches Archéologiques Préventives ).

2) Musées

Les grands établissements nationaux ( Louvre, Orsay, Branly ... ) perdent au total 6 M euros en crédits de fonctionnement, et en contrepartie, sont incitées à développer leurs ressources propres tous azimuth, accroissant le mouvement de commercialisation déjà bien engagé, non sans conséquences ni controverses. Notons à ce propos la création du fonds de dotation issu du projet Louvre à Abou Dhabi.

En AE, les musées perdent 40 M euros en 2009.

Les moyens destinés à l’achat d’oeuvres et à l’enrichissement des collections restent au même niveau que précédemment, soit 19 M euros. On sait pourtant qu’ils sont notoirement insuffisants.

En revanche, les crédits consacrés aux musées en région croissent en effet de 2 M euros.

3) Pour ce qui est des crédits de l’architecture, des archives, du patrimoine écrit, du patrimoine cinématographique, les crédits sont simplement reconduits.

- III - LE PROGRAMME CREATION

1) Une évidente stagnation

Le programme création de la LOLF est présenté en progression de 798 M euros en 2008 à 821 M euros en 2009, soit +2,8%, ( soit +23 M euros ), et ce, en CP, avec les dépenses de personnel, et avec les ressources extrabudgétaires. Mais hors ressources extrabudgétaires, la progression tombe à +0,6%, ( soit + 6 M euros ).

Si le spectacle vivant augmente, il n’en va pas de même pour les autres domaines de la création : +0% pour les arts plastiques, -2,2% pour le livre et la lecture. Les industries culturelles progressent de +24%, mais cette augmentation est due en totalité à la création de l’Hadopi ( 6,7 M euros ). En fait seul le spectacle vivant est « préservé » : on en devine les raisons ...

Dans le domaine des arts plastiques, le ministère fait cette fois, après la stagnation des crédits en 2008, un effort en matière d’investissement, précisément en faveur de la construction des FRAC de « seconde génération ». Par contre les aides en fonctionnement à ceux-ci, comme aux centres d’art, baissent de 5% : cela revient à demander aux collectivités territoriales, qui cofinancent, d’accroître leur participation. Pour le FNAC et la commande publique, ce sera, comme en 2008, la simple reconduction des crédits.

2) Le spectacle vivant « sauvé » par les ressources extrabudgétaires ?

La progression annoncée d’une année sur l’autre est de +15 M euros, incluant les ressources extrabudgétaires : de 640 M euros à 655 M euros, soit +2,4%. Ces 15 M euros sont en totalité des ressources extrabudgétaires. Hors celles-ci, le budget du spectacle vivant est en très légère baisse de 0,5 M euros, passant très exactement de 649,4 M euros en 2008 à 648,9 M euros en 2009.

Sur ces 15 M supplémentaires, le ministère dit que 10 vont aux régions. En fait, un double mouvement a lieu : +15 M de ressources extrabudgétaires, et un transfert de 10 M euros, en provenance des établissements publics nationaux vers les autres interventions (institutions culturelles, compagnies etc ...

La répartition des 15 M est la suivante. D’une part, 5,7 M euros sont destinés à l’association de préfiguration de la Philharmonie de Paris : il s’agit bien de faire fonctionner l’association ou de procéder à des études, non de financer les travaux de la Philharmonie. D’autre part et en revanche, 9,31 M euros seront donnés à l’Opéra Bastille et à la Grande Halle de la Villette pour des opérations de rénovation ou de maintenance lourde ; il est explicitement dit que « ces dotations viennent en substitution des crédits budgétaires habituellement alloués », et proviennent des recettes de cession d’immeubles.

Mais comme on l’a vu, ces ressources extrabudgétaires ne sont pas pérennes : si en 2010 de nouvelles solutions ne sont pas trouvées, il faudra bien les réaffecter à leur fin initiale.
En d’autres termes encore, l’augmentation de 15 M euros est effective en 2009, mais elle fragilise le mode de financement régulier du spectacle vivant, en introduisant une ressource en principe non renouvelable.

La diminution de 10 M euros de la dotation de fonctionnement des établissements publics nationaux ( cf infra ) permet le redéploiement de cette somme pour les crédits déconcentrés, et donc les subventions aux réseaux d’institutions culturelles et aux compagnies. En fait, 5 M euros seront d’emblée distribués aux DRAC Drac DRAC ( Direction Régionale des Affaires Culturelles :

- Ministère de la Communication et de la culture -
Sites associés ..
, et 5 autres vont constituer « le fonds d’accompagnement des réformes » qui seront mises en oeuvre à l’issue des entretiens de Valois, intitulé aussi « fonds de soutien à la création et à la diffusion » ( à ne pas confondre avec le fonds pour la professionnalisation, doté lui aussi de 5 M euros, mais financé sur crédits centraux,et qui accompagne « la réforme » du régime d’indemnisation du chômage des intermittents ).

La répartition détaillée de cette somme telle qu’elle figure dans le « Bleu », document officiel transmis au Parlement, fait apparaître, en 2009, par rapport à 2008, outre les 5 M pour ce nouveau fonds :

- -2,2 M pour les « équipes artistiques » ( compagnies )

- +1,6 M pour les CDN

- +1,5 M pour les CCN

- +2 M pour les opéras en région

- -0,6 M pour les orchestres permanents

- +0,6 M pour les scènes nationales

- +0,1 M pour les centres de création musicale

- +0,1 M pour les scènes conventionnées

- +0,8 M pour les SMAC

- +2,8 M pour les autres lieux de création et de diffusion ( dont +1 M pour les arts de la rue Arts de la Rue La Fédération Nationale des Arts de la Rue -Association Professionnelle des Arts de la Rue- :

- Syndication
et le cirque )

- -1,5 M pour les festivals

Les établissements publics nationaux sont mis au pain sec.

Ces établissements sont de deux ordres : d’une part les grands établissements publics tels que l’Opéra, la Comédie Française, les théâtres nationaux, la Cité de la Musique, etc ... appelés « opérateurs » dans le jargon de la LOLF, et d’autre part « les autres opérateurs » tels que l’Orchestre de Paris, le Centre National de la Danse, la Salle Pleyel, l’Opéra Comique, l’ensemble intercontemporain, la caisse de retraite ( Comédie Française et Opéra ). Ils voient leurs crédits de fonctionnement baisser de 10 M, selon une logique frappant davantage les premiers ( -12M euros ), et semblant plus favoriser les seconds, mais en fait c’est la caisse de retraite de la Comédie Française et de l’Opéra qui reçoit 2 M euros supplémentaires.

Clairement, il est annoncé qu’un effort leur est demandé au profit d’un « rééquilibrage en faveur des territoires » ; c’est ce qui s’appelle, encore une fois, opposer les uns aux autres. La politique menée au titre de la RGPP RGPP RGPP : Révision Générale des Politiques Publiques incite en outre les opérateurs à développer leurs ressources propres : mécénat, produits dérivés, location d’espaces pour des évènements ... Cela concerne d’abord les musées et établissements patrimoniaux, mais personne ne sera épargné par cette logique.

Les crédits d’investissement.

D’une part, les crédits destiné aux établissements publics connaissent une baisse de 7,5 M euros à 5,9 M euros. Mais 9,3 M euros s’y ajoutent ( cf supra ).

D’autre part, les crédits destinés aux théâtres, aux scènes nationales, aux salles de concert ou de musiques actuelles... connaissent une légère baisse de 0,6 M euros, pour un total de 26,5 M euros, . Pourtant, il eût été peut-être souhaitable de les augmenter, en raison de la situation difficile des crédits de paiement dans le secteur du spectacle vivant.

La Philharmonie de Paris.

En AE ( autorisations d’engagement ), le budget du spectacle vivant progresse de 146 M euros, soit +24,5%. Cette progression est due à l’inscription de 140 M euros en faveur de la Philharmonie de Paris. A ce propos, les professionnels du spectacle vivant et de la création doivent savoir que cette augmentation se fait selon le principe des vases communicants : dans le même temps en effet, les crédits du patrimoine se vident. Comme on l’a vu, les MH et les musées enregistrent parallèlement des baisses astronomiques. C’est la conséquence logique du fait que le budget global du ministère stagne en AE ...

- IV - PROGRAMME TRANSMISSION DES SAVOIRS ET DEMOCRATISATION DE LA CULTURE

Son budget est présenté comme « consolidé », mais, si l’on en déduit les dépenses de personnel, nombreuses ( 385 M euros), car ce programme intègre les fonctions de soutien du ministère, on s’aperçoit que les crédits de ce programme baissent de presque 2% ( = -7 M euros ).

Il faut surtout rappeler que les crédits consacrés aux « actions en faveur de l’accès à la culture « ( c’est à dire les crédits pour les banlieues, les handicapés, les prisons, les associations d’éducation populaire ou de lutte contre l’exclusion ... ) ont subi ces dernières années des baisses astronomiques, y compris en 2008, où la baisse des crédits a été de plus de 15%. La consolidation, cela signifie seulement le maintien de la situation désastreuse, au lieu de son accentuation. Faudrait-il en plus s’en réjouir ? Notons aussi qu’1 M euros est réservé pour le plan Espoir-Banlieue de Fadela Amara ( appel à projet national pour développer des actions culturelles dans les quartiers défavorisés ).

En ce qui concerne l’enseignement supérieur et spécialisé, il n’augmente que de 0,3%, c’est à dire quasiment rien. Le budget consacré aux écoles d’art plastiques en région, principalement financées par les communes, est ainsi strictement reconduit ( soit en baisse, eu égard à l’inflation ).

En ce qui concerne l’enseignement spécialisé ( conservatoires et écoles de musique ), il y a une nouvelle baisse de 8,5%, que le ministère présente comme « optique », car cette action ne concernerait plus que les crédits ayant vocation à être décentralisés. Alors , question : où est passé le reste de crédits, qui doivent venir non moins optiquement grossir d’autres lignes budgétaires ? On ne nous le dit pas.

En ce qui concerne l’éducation artistique et culturelle, les crédits sont présentés en hausse de 3,9% : ils semblent ne l’être en fait que de 2,6%. Mais on sait par ailleurs que le problème principal n’est pas au ministère de la culture, mais à celui de l’éducation, dont les crédits sont laminés sur ce sujet depuis 2002, et l’abandon de fait du plan Lang-Tasca. Cela n’empêche pas le pouvoir de claironner que le nouveau plan conjoint concocté avec Xavier Darcos est mis en oeuvre.

En ce qui concerne l’action européenne et internationale, les crédits baissent de 5% ( -1 M euros ).

- V - LE PROJET DE LOI DE PROGRAMMATION PLURIANNUELLE 2009-2011 : UNE LOURDE MENACE

Il n’y a pas que la loi de finances pour 2009, il y a aussi le projet de loi de programmation des finances publiques pour la période 2009-2012. Ce projet de loi de programmation découle de la révision récente de la Constitution, laquelle prévoit désormais, dans son article 34, que « les orientations pluriannuelles des finances publiques sont définies par des lois de programmation ».

Il en résulte des chiffres précis pour tous les domaines d’intervention de l’Etat, y compris donc celui de la culture, et ce pour les 3 ans à venir. Ces chiffres sont ceux de la Mission Culture et de ses 3 Programmes. Ils sont résumés dans le tableau ci-dessous.

- Ces chiffres sont exprimés en Millions d’euros et en CP ( crédits de paiement ).

- Ils sont hors ressources budgétaires : c’est normal, celles-ci ne relèvent pas du budget de l’Etat : preuve de la fragilité de ces compléments de ressources.

- C’est pourquoi le budget Culture est de 2 780 M euros en 2009, contre 2 820 M euros dans les chiffres du ministère de la culture. La différence de 40 M euros est constituée des ressources extrabudgétaires ( 35 M exactement ).

-------2009-------
-------2010-------
-------2011-------
Mission culture 2 780 2 800 2 820
Programme
patrimoine
1 130 1 154 ( = +25 ) 1 169 ( = +15 )
Programme
création
806 790 ( = -16 ) 784 ( = -6, soit
au total -22
sur 2 ans )
Programme
transmission
des savoirs et
démocratisation
de la culture
845 856 ( = +11 ) 867 ( = +11 )

Conclusions :

L’évolution du budget culture est connue pour les 3 ans à venir. C’est + 20 M euros par an, soit +0,7% par an. C’est une augmentation très faible, et qui risque de ne pas être à la mesure de l’inflation, pour autant que la crise financière mondiale qui fait rage actuellement puisse permettre la moindre prévision.

Notons d’ailleurs que pour les AE ( autorisations d’engagement ), c’est la baisse qui est prévue : 2 840 M en 2009, 2 720 M en 2010, 2 720 M en 2011 ...

Les programmes patrimoine et transmission des savoirs et démocratisation de la culture augmentent légèrement ( le second à cause des fonctions communes, impliquant les salaires et charges des fonctionnaires ). Mais le programme création baisse. Ce n’est pas la reconduction, ce n’est pas le strict maintien en euros, courants ou constants, justifié par la rigueur qui ne dit pas son nom, c’est la baisse, et c’est complètement différent. -22 Millions euros en 3 ans, c’est -3%.

Cette baisse est un choix politique : il est celui de donner moins à la création qu’à d’autres domaines ou secteurs. C’est inacceptable.

Cette baisse ne pourra être contrebalancée que par un recours répété aux ressources extrabudgétaires, ressources non pérennes par définition, en 2010 et en 2011, si tant est que ce soit la volonté du pouvoir. Cet expédient, s’il est adopté, fragilisera de façon croissante le financement de la création, notamment du spectacle vivant. On en peut s’empêcher de penser aussi que le gouvernement pense et anticipe un transfert de responsabilités sans transfert de ressources aux collectivités territoriales, ou veut y obliger les acteurs de la vie culturelle, élus comme professionnels.

Ci-dessous, ce texte d’analyse en pdf :


081010-PS_Cultur-SurLeBudgetDeLaCulture2009.pdf

( pdf - 136 Ko )

Articles connexes :

- <— « Entretiens de Valois » : Les Fédérations CGT, CFDT, CGC, FO ET CFTC ne participerons pas au comité du 8 octobre ... ( pdf - 64 Ko - le 07/10/08 ) sur le site de la Fédération CGT des syndicats du Spectacle - Sommaire-Actualités

- <— Déclaration de la Fédération CGT du Spectacle à propos de l’affaire de la Comédie Française et da la MC93 ( pdf - 68 Ko - le 07/10/08 ) sur le site de la Fédération CGT des syndicats du Spectacle - Sommaire-Actualités

- —> Entretiens de Valois : retours des employeurs mais pas des syndicats ( 13/10/08 ) par le centre d’Information et de Ressources pour les Musiques Actuelles ( IRMA )

- —> Culture de service public, la casse en marche (20/10/08) par l’URF Languedoc-Roussillon des syndicats CGT du Spectacle, de la Culture et de la Création



 
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Notes :

[1- Quand la bourse monte, cela a pour effets :

  • des délocalisations, des licenciements, ..
  • des appropriations et destructions de services publiques,
  • on privatise la sécurité sociale, les retraites par des assurances privées qui profiterons aux actionnaires et qui n’existerons peut être plus le jour où vous aurez besoin de celles-ci,
  • une appropriation de la planète aux profits ( l’eau, l’alimentation, les forets, .. ),
  • des appropriations de la vie ( les licences sur le vivant : OGM, appropriation de marque sur des cultures régionales [ex. le riz Basmati] que les cultivateurs du cru ne peuvent même plus employer, ... ),
  • ...

En conclusion, .. que du bonheur pour le petit monde des spéculateurs qui ont participé à la bulle, et des parachutes dorés puisque c’est le pauvre mondialisé moyen qui paiera la facture deux fois ou trois fois, et voir plus.
Une première fois en perdant son emploi ou la faculté de cultiver son riz, sa banane, .. une deuxième fois en crevant sous les rejets multiples par manque d’investissements dans la sécurité des polluants et même exportés ou par destruction de la planète .. , une troisième fois où toujours le pauvre mondialisé devra payer cette addition en se serrant la ceinture .. parce que, parce que, .. c’est la crise !...
Normal, il y a beaucoup de pauvres dans le monde donc plus d’argent à engranger !!!

Mais rassurez-vous c’est la même chose quand la bourse est en baisse ...

[2 
- .. // Un teasing sur le site de Libé par politique.net du 20 juin 2008
L’interview tant attendue ( voir le début de l’article, « un courriel envoyé aux abonnés », ... Ici a même droit à une bande annonce en Une de Libération.fr ! Au début de la vidéo, on entend des manifestants à l’extérieur qui protestent contre la venue de Carla Bruni au siège de Libération. A l’origine, elle devait être rédactrice en chef de l’édition de samedi. Mais suite à l’opposition d’une partie de la rédaction du journal, la direction a renoncé et s’est contentée d’une interview. A la fin de la bande-annonce, Carla Bruni explique qu’elle ne comprend pas d’ailleurs que sa venue puisse faire polémique : « Je suis étonnée, je ne pensais pas que cela puisse froisser à ce point, que cela puisse choquer des gens à ce point, et qu’ils viennent jusque chez vous pour le dire ».
Source : « Que fait Carla Bruni au siège de Libération ? ».

[3- La « Saison I » avec Rafarin-Devillepin
et la « Saison II » avec dans le rôle exclusif et principal, Sarko premier.
Deux « saisons » bien fades et mornes comme un été long et pluvieux où un canal pourrait se pendre dans la brûme ...

[4- A voir l’excellent documentaire passé sur la chaîne LCP, « Citizen Berlusconi ».
Résumé : « Dans le cadre des élections législatives italiennes, marquées par la victoire de Silvio Berlusconi, qui entame ainsi son troisième mandat de président du conseil, nous vous proposons de redécouvrir un documentaire réalisé en 2003, dressant le portrait de ce » Citizen Berlusconi ".
Silvio Berlusconi devient en 2003 le premier ministre italien ainsi que le président du Parlement européen. Son « règne » s’étend sur le monde de la télévision italienne, une grande partie de la presse écrite, le marché de la publicité… son influence sur les médias est très importante. Ainsi, en Italie, la majorité de la population s’informe via les télévisions du premier ministre.

Ce documentaire suit hommes politiques et journalistes s’opposant à Berlusconi, tentant de freiner son ascension. Pays démocratique, l’Italie se doit de respecter le simple principe de liberté d’expression des médias. Une bataille sans doute perdue d’avance mais qui a le mérite de dénoncer les méfaits de l’alliance médias/politique. "

[5- Reuters - le JDD du 26 septembre 2007 : Sur l’agenda de rentrée du gouvernement, la date du 26 septembre était entourée depuis longtemps. François Fillon, Christine Lagarde et Eric Woerth ont présenté ce mercredi en conseil des ministres, le budget 2008 de l’Etat, qui table sur une croissance entre 2 et 2,5%, et est appelé à briller par son classicisme et la pause observée dans l’assainissement des finances publiques.
Le gouvernement aurait sans doute voulu rendre une copie un peu plus reluisante, mais la crise financière de l’été a fait de sérieux dégâts. En conséquence, le budget a été élaboré sur la base jugée « prudente » d’une croissance comprise entre 2,0 et 2,5% l’année prochaine, pour un taux d’inflation de 1,6% qui constituera le plafond de la hausse des dépenses ...
Source : Un budget 2008 sans fioritures

[6- Voir l’excellent film passé dernièrement sur Arté «  Bamako, la cour », du réalisateur Abderrahmane Sissako, une critique sur le FMI qui appauvri l’Afrique.
Au fait, vous connaissez certainement la chaîne Arté, celle que les « peoples » et médias qualifient d’ennuyeuse parce que leur niveau ne dépasse pas la hauteur des pâquerettes, et dont les seuls intérêts sont l’argent, et imprégnés d’un libéralisme inconscient et blig-bling ! Vite, une petite pause .. au coca !.

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