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Colère des précaires du festival Off, et contrôles en Avignon

mardi 26 juillet 2011, par AgC | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : samedi 30 juillet 2011 à 12:10

Cet article a été vu 314 fois.

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- Ras le bol des précaires du Festival Off d’Avignon -

- Opération de contrôle dans les lieux de spectacle du festival Off -

- Message d’un intermittent sur ces opérations de contrôle en Avignon -

Voici un texte reçu d’un étudiant avignonnais distributeur de tracts pour des compagnies du Off, chaque été depuis plusieurs années ...
Ce texte donne une bonne idée du climat local et de ce qu’est devenu
Avignon l’été, spécialement en terme de conditions de travail et d’exploitation, entre autres des jeunes précaires ( .. des étudiants et petits boulots, etc ... ).

Colère des précaires du festival Off d’Avignon

L’ambiance de fête qui règne à Avignon en Juillet masque certaines situations souvent ignorées du public.
En effet, une grande partie du travail d’affichage et de tractage est effectué par des jeunes, souvent embauchés sous des contrats précaires, voire de manière irrégulière.
Virés du jour au lendemain, en fonction de l’humeur du producteur, nous sommes soumis à une pression qui n’est tolérée nulle part ailleurs qu’à Avignon.
De plus, cette précarité est doublée d’une dangerosité indéniable : par exemple, sans être couvert par une quelconque assurance, il est demandé de suspendre les affiches très haut et de travailler tard dans la nuit.
À cela, il faut ajouter que les salaires « au black » proposés par de nombreuses compagnies sont très souvent inférieurs au SMIC.
Il faut prendre en compte également que de nombreuses compagnies s’enfuient du festival sans payer leur du, ou alors n’en payent qu’une partie, prétextant soi que le travail n’a pas été fait, soi une « mésentente ».

Le spectacle « CAVEMAN », qui se joue tous les soirs au Théâtre du Roi-René à 22h05, en est un cas exemplaire.
Après qu’un contrat tacite, fondé sur une relation de confiance, fut institué, il fut brisé pour des prétextes futiles, que nous réentendons chaque année par les compagnies mauvaises payeuses.
Comme bien souvent, le lieu qui héberge la compagnie se désengage de toute responsabilité. Les étudiants qui ont bossé tout le mois pour défendre ce spectacle apprennent alors qu’ils ne seront payés que la moitié de ce qui leur est du.
Par solidarité, nous avons décidé spontanément de créer un collectif pour que ce qui se passe réellement « en coulisse » se sache.

Nous demandons aux théâtres qui accueillent les compagnies malhonnêtes de se mettre face à leurs responsabilités.
Nous demandons au Off de prouver qu’il est autre chose qu’une coordination de supermarchés du spectacle.
Nous demandons aux lieux qui se prétendent « théâtre » d’assumer la responsabilité culturelle qui leur incombe, ainsi que le caractère éminemment politique qui repose sur l’art que nous sommes sensés défendre.

Le festival Off, qui était envisagé comme une contestation du modèle économique, culturel et politique du IN de l’époque, est devenu exactement ce qu’il prétendait combattre. Nous espérons qu’une solidarité arrivera à éclore et que le tabou du travail irrégulier au festival tombera enfin.

Pour nous contacter : collectifprecaire.festival_@_gmail.com

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Opération de contrôle jeudi notamment dans les lieux de spectacle du festival off - La Provence

Le Comité départemental anti-fraude (composé d’agents de l’Urssaf, de l’Inspection du Travail, des impôts, de la police et de la Direction départementale de la Protection des Populations) a mené jeudi une vaste opération de contrôles dans les différents lieux du spectacle vivant, mais aussi dans une quinzaine d’établissements HCR (Hôtel, Café, Restaurant) d’Avignon.

Pendant près de six heures, de 15H à 21H, trois groupes étaient en charge des théâtres, les deux autres des restaurants.

« Pour le spectacle vivant, ce sont environ trois lieux par groupe qui ont été contrôlés, soit une dizaine de lieux où plusieurs compagnies étaient présentes. C’est un secteur dans lequel la fraude existe, notamment en raison du statut particulier des intermittents, mais il n’est pas particulièrement exposé comme les secteurs du bâtiment ou de la restauration » explique Jean-François Dalval, directeur-adjoint de la Direccte
(Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi). Cependant, certaines infractions relevées pourraient être passibles de poursuites pénales.

« Sur ce contrôle, nous avons surtout été confrontés à des situations d’absence de déclaration de salarié ou d’omission d’heures de travail déclarées, notamment des heures de répétition non payées ou encore des défauts de licence ou de mention de licence et des problèmes de sécurité » poursuit Jean-François Dalval.

« Ces opérations menées pendant le festival ont fait l’objet d’une communication en amont, assure le directeur-adjoint. Et un dernier contrôle sera fait avant la fin du mois. En général, les contrôles se passent bien, même si cela peut être tendu... Nous ne sommes pas à l’abri. Ce sont les aléas ! »
Comme ce fut le cas au théâtre du Chien qui fume, contrôlé jeudi. Le directeur, Gérard Vantaggioli, a moyennement, voire pas du tout, apprécié les conditions dans lesquelles les agents ont procédé au contrôle.
"Ils sont arrivés vers 17H, les comédiens étaient en train de jouer, ils ont absolument voulu se rendre dans les coulisses pour demander les noms et les dates de naissance des personnes, alors qu’un changement de décor devait se faire, explique Danièle Vantaggioli... Même Guy Carlier, qui allait entré en scène, s’en est mêlé en indiquant que cela était déstabilisant pour les acteurs. Cela fait 30 ans que nous sommes là...
C’est normal qu’il y ait des contrôles, mais de cette manière-là, c’est ahurissant
".

M.T.
Publié par « La Provence » - samedi 23 juillet 2011 - page 3

Les derniers contrôles du CODAF [1]

- Le 8 juillet à Avignon : dans le domaine du spectacle vivant, 13 lieux ont été contrôlés, 32 entrepreneurs de spectacle, 195 salariés.
Bilan : 17 situations pourraient présenter des infractions.
<br /<Ce même jour, 17 établissements HCR (Hôtel, Café, Restaurant) contrôlés, 51 salariés.
Bilan : 4 situations dans lesquelles il pourrait y avoir poursuites pénales, notamment pour travail dissimulé.

- Le 11 juillet à Orange : ce sont les Chorégies qui ont été la cible des inspecteurs du Codaf.
5 entreprises du spectacle ont été contrôlées et 70 salariés.
Une seule situation irrégulière a été constatée.

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Message d’un intermittent sur ces opérations de contrôle en Avignon - reçu par courriel courriel courriel : n. m. ( abrév. de courrier électronique )

- 1. Document qu’un utilisateur saisit, envoie ou consulte en différé par l’intermédiare d’un réseau télématique. SYN : courrier électronique, message électronique.

- 2. Par ext. Messagerie électronique (A l’écrit, l’administration recommande, devant une adresse électronique, l’abréviation « Mél. »).
Le Petit Larousse Illustré 2007

J’étais en plein festival de Chalon quand j’ai reçu ce message sur les contrôles dans le festival Off en Avignon.
Je suis descendu à « Chalon dans la rue » justement pour débattre de production.
Ce courrier m’a rappelé de sales souvenirs de ce qui s’était passé en 2004. Autant le dire, s’ils voulaient nous emmerder et nous mettre dans une posture impossible, c’est réussi !

- Bien sûr, il n’est pas possible de se révolter contre la lutte contre le travail illégal et contre le non-respect des conditions de travail.
- Bien sûr, les contrôleurs ne font que leur job ( sauf quand ils en parlent dans la presse ) et il faut que celui-ci soit fait.
- Bien sûr, il faut que les heures de répétition soient payées, que les DÛS soient faits, que les artistes se baladent partout avec leurs contrats de travail ( on ne le répète jamais assez dans mon association ).
- Bien sûr, il faut que les entrepreneurs soient titulaires des licences.
- Bien sûr ...

Mais est-ce bien sérieux ?
Est-il bien sérieux de croire qu’un espace comme le « Off » d’un aussi grand et aussi long festival soit le lieux de ce type de vertu ?..

Perception : Masque concave et convexeCette posture de l’Etat ( les controles du CODAF [2] sont déclenchés par le Préfet ) ne vise qu’à faire vivre les plus précaires d’entre-nous dans une posture de traqués, créer un climat d’insécurité et de terreur qui a découragé tant d’artistes en 2004 à présenter leurs projets ( c’est dans les vieux pots qu’on cuisine le mieux ).
Cette posture fait plaisir aux syndicats qui veulent tant - on le veut tous et je me bats aussi pour cela - que les droits des travailleurs soient respectés en faisant mine d’ignorer - et c’est là que je ne suis plus d’accord avec eux - qu’ils défendent une caste d’installés en plongeant les 2/3 ( je suis généreux ) des artistes et techniciens dans celle des intouchables.
Il faut obtenir des salaires décents et une couverture sociale honorable aux salariés du secteur, mais il ne faut pas que cela se fasse au détriment de l’accès au métier des plus précaires, sinon, la profession va vite se scléroser et on pourrait un jour voir monter sur scène des Roméo de 65 ou 70 ans ! Je rappelle au passage que passé 80 balais, il est dangereux de faire du trapèze ...
Cette posture fait si plaisir à une opinion qui trouve scandaleux que les « zintermitentsduspectak » puissent être de ces privilégiés qui bossent si peu et sont si souvent en vacances. Et quand je dis bosser, leur travail s’appelle « jouer » !!!
On leur tape sur la gueule, à ces gueux ? Bien fait ! Cela console cette opinion de sa propre régression sociale : tant qu’on sait qu’il y a plus gueux que soi, ça peut aller.
Cette même opinion d’où sortent d’ailleurs des spectateurs qui vont se régaler gratos de spectacles de ce même « off » sans remettre en cause leur attitude ( Qui a les moyens de se faire le IN de nos jours ? ).

Je reviens de Chalon.
Source : Besnoit MagnatJ’ai parfois mis dans les chapeaux plus que j’aurais mis dans l’achat d’un billet pour le même spectacle. Je peux vous dire que beaucoup de spectateurs se barrent avant que passe le chapeau. Et eux, aucun contrôleur ne les poursuit !
En tapant sur le « off » en Avignon, on tape sur le lieu où des compagnies ( pas toutes, loin de là .. ) vont y rencontrer les programmateurs qui permettront de vendre une création, ce qui permettra à la compagnie de vivre. Cela me fait penser à un agriculteur qui faucherait son champ en avril et s’étonnerait de ne pas récolter de blé en juillet !

Alors, OK ! Qu’on applique toute la loi et rien que la loi.
Mais, dans ce cas, on multiplie par 5 ou 10 le budget du festival pour que le « Off » soit suffisamment irrigué et que tous ceux qui y font leur métier puissent le faire légalement. La jauge d’un garage loué à prix d’or ne permet pas de faire de cachets !
<br /<Je sais, en France, on passe son temps à réclamer du fric. Mais, il n’y a pas de secret : le droit des artistes va avec les moyens pour les spectacles. Ceux qui contestent cela sont des hypocrites ( et je sais de quoi je parle, je fais aussi du syndicalisme ! ).
Dans ce cas, on aide réellement le projet à émerger en arrêtant cette politique idiote qui consiste à imposer à tout porteur de projet de monter une structure de production pour demander la moindre aide d’Etat ou des collectivités territoriales. Si, dans le spectacle, l’œuvre passe au second plan par rapport à l’administratif, autant faire une exposition avec ses dossiers de demande de licences ou de subventions et ne pas s’acharner avec le reste !
Dans ce cas, on arrête de me pourrir la vie parce que mon association essaie d’apporter une alternative économiquement viable et socialement éthique à cette contrainte administrative insupportable !
Et qu’on arrête de terroriser des milliers d’artistes qui lisent ce qui arrive à leurs copains à Avignon et se disent qu’aller à Aurillac, finalement, c’est peut-être pas une si bonne idée ... Car ne vous y trompez pas, c’est juste pour nous mettre la trouille que cette opération commando a été lancée !

En conclusion, je mets de coté mes mandats et mes responsabilités associatives : c’est en tant qu’individu et citoyen que je m’exprime en trouvant scandaleux de choisir une telle cible pour des contrôles, et d’en faire cette pub ( il faut une sacré bonne raison pour qu’un inspecteur du travail vienne se faire interviewer dans un journal ).
Tant pis si ça emmerde certains que je le dise !

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Articles connexes :

- —> À propos de l’exploitation des précaires du Festival OFF d’Avignon : On le voit, une loi de la jungle renouvelée fait actuellement triompher un « darwinisme » social où le plus faible fait figure de proie pour des structures de production engagées dans une concurrence délétère. //..
Lire la suite - Le 26 juillet 2011 par la CIP-IdF CIP-IdF
CIP
CIP-IdF ( Coordination des Intermittents et Précaires d’Ile-de-France ) :

- 3 rue d’Aligre - 75012 - Paris.

110718-jean-francois-dalvai-passe-en-detail-les-documents-administratifs-du-theatre-photo-le-dl-patrick-ro-280x.jpg - Vauclusematin.com du 22/07/11

- —> Festival d’Avignon 2011 :
Les fraudeurs traqués dans les lieux du Off - publié le 22/07/11 par Emile Coudrais - Vauclusematin.com

- Dossier programme partagé du Front de Gauche « Art-culture-information » ( rubrique Front de Gauche ) :

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Notes

[1- Comité Départemental Anti-Fraude

[2- Comité Départemental Anti-Fraude

  • Liste relative au Champ d’application de l’Annexe VIII mise à jour le 06/05/11


    Liste relative au Champ d’application de l’Annexe VIII Arrêté du 30 mars 2009 portant agrément de l’avenant n° 1 à l’annexe VIII au règlement général annexé à la convention du 18 janvier 2006 relative à l’aide au retour à l’emploi et à l’indemnisation du chômage mise à jour le 6 mai 2011 Vous trouverez ci-joint la liste des fonctions inscrite à l’annexe 8 pour lesquelles vous pouvez être engagé, et suivant la Nomenclature (...)

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